
On a quitté notre Camping Paradise, qui a porté si joliment son nom, et rejoint le port de Zante, où l’embarquement s’est déroulé à la fois très efficacement et dans un apparent et bruyant désordre. La Grèce, en fait.

Zante et ses falaises en retrait du bord de mer, qui lui donnent ce parfum de mer matinée de montagne. C’est là que nous avons hier, rencontré Nikolas dans le petit bar près de la pâtisserie française. Il était à l’apéro, nous au café, a entendu qu’on parlait français, et c’était parti. Ancien architecte, qui a fait trois ans de beaux arts de Paris en sculpture, motard invétéré et père de 4 enfants. On a parlé moto et il nous dit « j’ai fait un livre sur l’érotique de la moto, rendez-vous ici demain et je vous en apporte un exemplaire dédicacé ».
Le lendemain nous étions au rendez-vous et lui aussi. Nous avons encore un peu échangé, il nous a donné son livre, nous l’avons remercié et nous avons filé au port pour l’embarquement, destination Killini, dans le nord du Péloponèse. Un livre à lire donc, mais en Grec, dans un premier temps on regardera les images 🤭

En dehors du port, parce qu’il est trop gros sans doute, cet immeuble flottant est un giga bateau de croisière MSC. Pas la première fois qu’on voit ces monstres dont la seule présence dans des environnements à taille humaine, provoque le malaise…

Pas mal de monde à l’embarquement, c’est qu’on avance dans la saison, mais c’est aussi qu’on rejoint le continent où circule beaucoup plus de monde que sur les îles !

Nous avons retrouvé le Camping Aginara, ou sommes venus il y a 4 ans. Rien n’a changé ici, ni la douceur de l’eau et de l’air, ni l’accueil chaleureux des maîtres des lieux, ni la supérette, ni le restaurant où on ira demain soir, veille de départ pour Patras. On a demandé à changer de place après deux jours, un peu trop collés aux toilettes, trop bruyantes à toute heure pour nous. On s’est déplacé vers l’entrée, où on a l’impression d’être à la ferme. Tracteur, allées et venues des poules rousses, palabres en Grec, en journée chants des cigales, le soir celui des oiseaux qu’on a du mal à identifier, et les cris du chacal doré qui flottent dans la nuit, tout ça nous va très bien.

Nous avons renoué avec la pratique des anciens thermes romains de Loutra Killini qui sont restés dans leur jus tout en ayant été entretenus. Un art Grec, là aussi, de maintenir un équilibre de bonne tenue des lieux publics avec un minimum d’argent et un maximum d’invention.

Les endroits potentiellement dangereux pour des enfants sont maintenant protégés par de petites palissades de bois. Une clôture en bois peinte en vert fait le tour du site, à la fois site archéologique et site thermal encore en fonction, tout en laissant un accès piétons très discret. Mais aucun personnel n’est sur place. Chacun vient ici sous sa seule responsabilité, s’enduire d’argile noire qui devient grise en séchant sur la peau, puis se laver à l’eau souffrée qui coule abondamment de trois buses de différentes tailles.

L’expérience thermale autonome et sans contrôle sanitaire. On aime bien ! Et puis ici, on croise la plupart du temps des Grecs, et quelques fois des familles de tourisme qui visitent avec leur guide mais sans s’arrêter plus longtemps que pour la photo souvenir.

Sur le site on trouve principalement des Eucalyptus, quelques Oliviers, quelques Cyprès, des Lauriers roses et le long des ruisseaux d’écoulement des eaux, de hautes tiges de roseaux. L’environnement y est très doux, calme et accueillant. Sur cette image (ci-dessus), on voit au fond, derrière un grillage, le site romain faisant encore l’objet de fouilles.

Ces thermes là, tout près des restes des thermes romains, semblent dater d’une cinquantaine d’années ou plus, cherchant avec du béton armé, à imiter une forme entre architecture romaine et… bauhaus ! Ils ne sont plus qu’un décor, car les activités de prélèvement de boues et de rinçage se passent en extérieur. Sur tout le site règne une forte odeur de souffre, c’est elle principalement qui régule le temps de visite des gens de passage.