
A cinq heures quarante cinq, il faisait encore nuit et déjà jour. De ces heures à mi chemin. Nous avons quitté Sami encore endormie, et pris la route vers Pessada, un trajet d’Est en Ouest en passant par les montagnes. On avait mis pourtant des vêtements manches longues, mais pas assez chauds car dès les premiers virages, la température baissait à mesure qu’on montait. Nos vêtements de moto étaient tout au fond du side dans le coffre… Nathalie m’a passé une serviette de bain que j’ai glissée dans ma chemise, elle s’est enveloppé de l’autre serviette et nous sommes repartis.
La photo est de Nathalie, faut-il le préciser ? Elle sait que je ne suis pas que beau, mais nez en moins, oui. Il est vrai que depuis le side, elle n’a guère d’autre point de vue sur moi ☺️
Bon, side chargé, on est moins rapides qu’à vide, dans les courbes surtout, je me répète peut-être ? Mais c’était agréable de rouler sans empressement, de humer l’air frais, teinté ici de l’odeur animale un peu acre des chèvres dans leur champ, là des herbes du maquis à peine éveillées par les premières lueurs du soleil. Puis c’était Pessada Harbour comme indiqué sur la carte Google Maps. Un tout petit port pour un tout petit ferry. On se laisse glisser dans la file d’attente, dans une pente à 10% , on cale le side avec une vitesse, le frein à main (un élastique enroulé 3 fois en tension sur la poignée de frein avant) et on complète avec un cailloux devant la roue arrière.
Palabres, incertitudes car le ferry semble désert… Puis de l’agitation, des hommes apparaissent, préparant le bateau. On finit par y monter, on nous demande de nous garer tout au fond du ferry, contre les barrières…


Le side-car est cette boule noirâtre un peu chiffonnée derrière la voiture bleue, et juste avant les gros bouillons d’écume. On descendra donc bons derniers du ferry, mais qu’importe. Il fait doux et la mer est calme. Au revoir Kefalonia !


D’ici le mont Ainos semble veiller sur nos agitations motorisées. Nous le voyons sous sa face abrupte, celle où le vieux sage des pins de Céphalonie s’accroche. Le temps de quelques photos, d’un café à emporter au bar, d’un peu de somnolence et déjà…

L’île de Zakinthos se montre….

… Exposant ses falaises et grottes marines.

En peu de temps, nous rejoignons notre camping. Vu notre attachement au précédent, nous avions pour celui-ci une attente inquiète. Dans un style très différent, elle ne sera pas déçue ! Au beau milieu d’une oliveraie aux arbres remarquables, tenue par une famille agréable et chaleureuse, on a choisi notre emplacement librement. La plage est à deux minutes à pied. Tout ici est simple et beau et agréable. Il est vrai que tout le monde ne s’appelle pas « Camping Paradise » ! Le risque est élevé d’usurper ce nom.
Les emplacements sont tous sous des arbres, Troènes japonais au doux parfum, Peupliers noirs ou d’Italie dont les feuilles bruissant dans le vent vous font croire qu’il pleut ! Quelques Eucalyptus âgés, et en très grand nombre, des oliviers presque tous remarquables… Le patron m’en désigné quelques uns, multi centenaires, et réserve sont effet pour le dernier, sous lequel nous nous parlons, deux mille ans me dit-il. Il répète, 2000 ans, et ajoute « il a tout vu ». En effet, tout, depuis la naissance des écritures, c’est pas peu dire…
La grande cuisine très bien équipée est installée à l’abri d’une terrasse couverte où il est agréable de flâner, lire, boire un café, manger, au levant comme au couchant. On y rencontre quelques autres campeurs, un groupe de deux couples dont un avec enfant, Guatémaltèques vivant en Suède, joyeux et sympathiques. Un énigmatique couple bulgare tanké dans son camping-car climatisation allumée (je fais l’hypothèse d’une annexe du purgatoire, je pense qu’ils ne sont pas encore autorisés à sortir). Un jeune couple solaire, des Grec d’Athènes qui se chamaillent comme des canaris en cage. Un couple entre deux âges parlant anglais entre eux, mais pas des natifs de cette langue, une histoire d’amour en pleine croissance. Et nous, vous connaissez, je vous fais pas le tableau.

Là, on est au cap Skinari, tout au nord de l’île. On a voulu voir de plus près les falaises et surtout, savoir par quels moyens rejoindre une mise à l’eau pour le masque et tuba. Ici nous ferons choux blanc et demi tour : on vend des billets de bateau pour se serrer à cinquante sur un rafiot en écoutant de la techno. Il faut faire bien peu confiance à l’expérience de ces lieux hors du commun pour farcir les touristes de ce qu’ils connaissent, voir, demandent. La peur sans doute, d’éprouver quelque chose de nouveau et d’un peu profond.

Au moulin par contre… On peut emprunter gratuitement les escaliers du restaurant qui nous conduisent jusqu’à une mise à l’eau.

Là, évidemment on nage au milieu des bateaux qui arrivent et repartent pour visiter les mêmes grottes marines que nous. Mais comme on a du temps, on peut y aller entre deux groupes. Ces deux grottes sont très belles, mais ne suis pas équipé pour la photo sous l’eau, donc rien à vous montrer. Je retiens les jeux de lumières du soleil dans les multiples couleurs de l’eau, sous l’eau, dans et devant la grotte. On voit d’abord du noir, y aller ou pas ?! Et en avançant, nos yeux s’adaptent et on découvre par exemple – surprise – du sable blond au fond de la grotte creusée dans la falaise de calcaire ! Et lorsqu’on ressort, d’autres jeux de lumières, des rayons semblent balayer le décor devant nous à mesure qu’on avance… Spectaculaire !

Retour au Paradise. Isn’t It ?

