Chers adeptes du voyage à trois roues pour deux, comprenez en side-car, bienvenue dans les pages de nos vagabondages 2025. Nous prenons donc ce printemps-été la direction de la Sardaigne, avant de remonter vers le continent nous passerons par la Corse.
Projet bousculé cette année car un conducteur doublement indélicat a ouvert sa portière de camionette juste à mon passage en vélo, me cassant tout net le 4eme meta-carpien droit qui se situe non pas à côté de la mer Caspienne mais au milieu de la main. Nous sommes donc partis plus tard qu’à notre habitude puisqu’il a fallu attendre les minimales 6 semaines d’immobilisation sous résine pour la consolidation osseuse puis une autre semaine encore pour pouvoir bouger à nouveau correctement les doigts et le poignet sans trop de raideur. Je vous disais donc plus haut, « doublement », parce qu’en plus d’être mal embouché, le conducteur indélicat du véhicule n’était pas assuré… Fin de l’histoire, qui finit pas trop mal, en Sardaigne où nous sommes arrivés en side-car ce matin, après 4 jours de route, dont une nuit maritime. Le tout, dans ce post en formule concentrée.

Ici, la bête au repos, à notre première étape après 350 km, aux environs de Mâcon, passée dans une délicieuse ferme en bordure de Saône, chez Baptiste, un hôte fort chaleureux.
Pour la seconde étape, après 230 km, pas de photo, un camping avenant sur les hauteurs de Montdragon, près de Bollène, on y a planté notre nouvelle tente, un modèle 3 secondes vraiment bluffant. L’idée, de type parapluie à baleines, me semble excellente, mais je reste dubitatif sur la qualité du tissu, notamment des coutures et de leur imperméabilité, à voir…
Un emplacement tout en haut du camping, c’est là maintenant, dans les bordures et les marges, que sont relégués cyclistes, marcheurs, et autres motards seuls ou à 2 en tente : pas assez rentables nous sommes. Il devient difficile de trouver à passer une nuit de camping pour 2 à moins de 40 euros. A ce prix commence le marché des chambres à louer, celle d’hier, pour seulement 2 euros de plus… La tendance, c’est moins de camping à l’ancienne, plus de glamping, c’est-à-dire un abri toile ou tonneau, juste un lit au sec, toilettes collectives du camping, premiers prix pour 2 : entre 60 et 70 euros. Le camping n’est plus pour très longtemps, l’hébergement le plus cool et le moins cher.
Le lendemain est la plus petite étape jusqu’au port de Toulon : 230 kms seulement. On musarde par un détour vers La Ciotat, qui nous fait plonger au plus près de la mer dans une succession de parfaits virolets, je dois calmer le jeu car ma main droite n’est pas encore prête à ces efforts. En bas, étrange mais paisible voisinage des fantômes errants de grues navales rouillées, de petites criques où les premiers vacanciers descendent dans une effluve d’ambre solaire, en maillot de bain et claquettes, plus loin les petits bars ou s’écoule le temps à coups de clopes demis.
3 jours pour Montreuil-Toulon c’est beaucoup, je pensais qu’il fallait y aller mollo sur la main, et je crois que c’était le bon choix, on a de plus, apprécié les étapes du chemin.
Enfin, Toulon. Toujours drôle de ville, mélange vivant des langues, genres et destins où on t’accoste très facilement pour échanger sur tout et sur rien. Le side-car y est pour quelque chose, mais pas toujours : c’est vrai aussi une fois assis autour d’une table en terrasse.
Une fois nos courses faites, on gare le side sur un petit angle de placette où on va passer deux heures assis devant une mousse, à regarder : la densité feuillue et fraîche des magnifiques platanes au dessus de nos têtes, et devant nous, le ballet incessant des parieurs, turfistes, gratteurs du bar tabac française des jeux.
Et puis c’est l’heure de nous arracher au spectacle de l’addiction aux jeux pour rejoindre le port pour l’embarquement. Heureuse rencontre dans la file d’attente : Angelo et Isabelle, rencontrés chez Sylvain et Lise cet hiver ! On savait notre destination commune, mais à cette date, nous aurions dû être déjà partis depuis un mois. C’est la main (cassée) du destin, qui a aussi un bon feeling apparemment 😃
Cohue de l’embarquement, on se perd puis se retrouve autour d’une bière à bord, départ à 20h ce soir, arrivée prévue demain midi à Porto Torrès.


A midi, on débarque comme prévu à Porto Torrès. La température est douce, voire chaude. Le side affichera un 32 degrés extérieur.

On s’est installés au camping au nord d’Alghero, près de Fertillia. C’est du gros du lourd, mais calme et spacieux, et tout au bout du terrain, côté lagune, on a trouvé ce petit coin de paix, destiné aux routards à deux et trois troues de tous poils. Samedi, on fêtera notre rencontre avec Angelo et Isabelle, à Alghero, la plus Catalane des villes Sardes.

A défaut du pas de loup, ici on marche au pas d’homme ( pas encore au pas de l’oie ).
1 er plaisir de l’été, par procuration, le 3 roues pour 2 !
Coucou Claire ! Ravis de te revoir par ici 😉🥰