Pour notre dernier jour dans le coin d’Oristano, on est partis ce matin à Tharros, site archéologique de l’ancienne cité Nuraghique, fondée entre le 7eme et 2eme siècle avant Jésus-Christ. Le site contient aussi des traces de constructions Romaines et plus près de nous, Catalanes.
Il fait déjà très chaud lorsqu’on gare le side car et qu’on rejoint l’entrée du site archéologique situé en haut de la petite colline qui trône pas peu fière sur la pointe de cette péninsule fine et longue.

Photo prise depuis la tour Catalane, la plus récente pièce architecturale du site de Tharros.

Si l’on redescend côté nord, pas tout droit hein, mais par le sentier ! On trouve la plus belle plage rencontrée en Sardaigne jusqu’ici, pour le décor, le sable blanc, les eaux turquoises limpides.

Si l’on redescend vers la mer côté sud, c’est le site Nuraghique, coeur patrimonial de Tharros qui nous attend.

Si peu d’ouvrages s’élèvent ici encore de quelques mètres, on reconnait au sol les traces des ruelles entre les maisons, les circuits canalisés des eaux et les vestiges d’une muraille d’enceinte. Et puis chaque maison, que le temps et ses aléas ont arasé, nous dévoilent chacune d’elle comme en coupe.


On apprend que le site était en fait construit au beau milieu d’une forêt. Frissons de penser que la déforestation ne date pas d’hier et qu’elle a coûté la vie de communautés entières, voire de civilisations, comme sur l’île de Pâques…

On y reconnaît aussi – enfin, les archéologues surtout – les restes de sépultures dans lesquelles les corps étaient placés sur le côté, comme pour affronter un grand sommeil.

Ces deux là pourraient bien être Romaines, mais je n’en sais rien.

A la fin du parcours, cette magnifique plage nous invite à la baignade, via cette petite passerelle de bois.
Puis nous allons reprendre le side-car au village voisin de San Giovanni di Sinis, là nous poussons la porte de l’église portant ce nom…

On est saisis par tant de simplicité et de silence. L’église a été bâtie au 6eme siècle après Jésus-Christ, sur un espace de sépultures païennes. L’impression du temps arrêté y est troublante. On a juste envie nous aussi, de nous arrêter et de fermer les yeux un moment. Il y a là une histoire épaisse, beaucoup de destins emmêlés, de vies intranquilles, humaines en fait.


Demain matin on lève le camp. Destination Portixeddu, plein sud sur 75 km.