Suite à une panne d’ADSL au camping, concomitante d’un réseau de données 4G faibles, nous n’avons pas été en mesure d’indépendance de notre volonté, livrer vous des nouvelles nous, allora nous faisons post hier le jour d’après. Grazie, merci, thank you. (Message de service généré par IA)
Eh oui, ça commence à surchauffer ici aussi ! Avec 35 degrés prévus dans 2 jours… Aujourd’hui c’est 31. Je vous raconte donc la journée d’hier, nous poursuivons notre descente au Sud, entre Marina di Torre Grande près d’Oristano, et Portixeddu à 70 km.
On pensait s’arrêter un peu à Arborea, ville sortie de nulle part, tracée selon le quadrillage hyppodamien (en gros c’est une matrice avec seulement des angles droits, comme dans les villes états uniennes et dans les pensées d’extrême droite) dessiné par la volonté politique de Mussolini alias le Duce. Il a surfé sur l’aura historique d’Eleonora d’Arborea en baptisant « sa » ville du nom de la célèbre Régente, c’est aussi crédible que quand le Rassemblement National s’affiche en ami d’Israël…
Arborea, donc, c’est large de rue et d’avenues, mais rien ne nous a retenu ici si ce n’est – le temps de faire le plein – une station service Eni (ex Agip), la marque italienne qui serait derrière le vol du manuscrit inachevé de « Olio » de Pier Paolo Pasolini, et de son assassinat le 1er Novembre 1975 sur la plage d’Ostia près de Rome. Il y dévoilait les résultats de l’enquête qu’il avait menée pendant des années sur les intrications de la multinationale du pétrole (d’où le titre de « Olio »), de la mafia et d’une partie de la classe politique italienne des années 70.
Voilà à quoi je pense quand je fais le plein dans une station Eni dans une des villes modèles du fachisme Italien. L’esprit d’escalier… Ce qui me chagrine encore, c’est que, enfant lorsqu’ avec mes parents on allait en Italie en voiture, on s’arrêtait toujours dans les stations Agip, je trouvais à la fois très beau et très inquiétant le dragon du logo de la multinationale qui crachait du feu. Les enfants sont visionnaires, c’est après que tout s’embrouille.
Une fois fait notre petit traffic d’essence fait : 10 litres de super 95 à 5% d’éthanol dans lequel on ajoute 10 centilitres de booster d’octane et secoue la moto énergiquement ; on peut repartir pour environ 180 kms avec un moteur efficace, moins polluant et silencieux, et qui ne tombera pas en panne d’injection !
En remontant sur la moto, de plus en plus souvent, je me dis qu’il faudra un jour qu’on essaye de passer au vélo, je veux dire pour voyager zéro carbone ou presque. Mais lorsqu’on double des cyclistes avec tout leur barda dans une côte de dingue par 32 degrés, j’ai une pensée reconnaissante pour ce vaillant moteur Moto Guzzi…
La route est incroyable : on traverse du maquis sur près de 60 km, un village où un hameau de temps à autre, très rarement. Le motard italien à la BMW R1100R rencontré au précédent camping nous avait conseillé cette route, de toute beauté c’est vrai mais elle met à rude épreuve la moto bien chargée sous la chaleur, et ma main droite itou, crie la misère après ces virages constants et ces cahots de l’asphalte défoncé.

Pour la première fois, on a la sensation de montagne, non seulement par la route, à monter descendre, mais par le paysage qui devient très découpé. Et ce sommet qu’on voit de très loin se présente enfin devant nous.

Sauf erreur, ce serait le mont Arcuentu, 781 mètres d’altitude. Modeste mais belle montagne réputée difficile.

Et au bout du bout, un peu exténués de chaleur, on arrive à notre camping, où il y a même une place pour notre monture. Mais on en préfère une autre, plus indépendante et mieux ombragée.

Tente montée, matériel déchargé, après s’être restaurés, on file au Capo de la Pecora à quelques kilomètres de là. On est sous le charme de ce bout du monde sauvage là aussi.

Ici un kern assez réussi, pas nécessairement local, mais il est en phase avec l’environnement et ne nuit à personne.

Après quelques courses au village, Nathalie s’entraîne au remake de la scène célèbre du cinéma, en side car…

Vous l’avez reconnue ? Le lancé de pastèques sur les poursuivants nazis ? 🤪