Partis à 7h de la maison, l’attelage chargé du nécessaire de camping habituel. Comme à chaque départ tôt le matin, on a mis sur nous toutes nos couches de vêtements chauds, qu’on enlèvera progressivement, le soleil venant, et il viendra cette année.
Toujours cet étonnement de sortir de la ville grondante, bourdonnante – que depuis son intérieur on n’entendait pas – tous les conducteurs l’oeil rivé au compteur pour ne pas dépasser les 50 km/heure du périphérique.
Puis le corps qui se détend par étapes, le tunnel de la porte d’Italie, dont le nom évoque un rêve mais dont la matérialité frôle le cauchemar puant.
Puis le péage de Fontainebleau, saignée traversant l’épaisse forêt dont on savoure la fraîcheur odorante des pins depuis un moment déjà.
Donc, Montreuil – Mâcon par l’autoroute. Mais pourquoi par l’autoroute me direz-vous ? Eh bien parce que j’ai acheté ce side-car d’occasion, et qu’il était dépourvu de la fourche spéciale side-car, qui rend agréable… la conduite d’un side-car…
Avec la fourche moto d’origine, c’est un genre d’enclume à trois roues qu’il faut conduire, et pas seulement dans les virages, c’est ce que cette première étape m’a rappelé…
L’attelage chargé tire fort à droite, même en ligne droite sur les parties où la route n’est pas plane, c’est-à-dire 80% du temps !
Certes, après 600 km, on s’habitue un peu… On a expérimenté des astuces pour ne pas crisper les muscles des épaules et les dorsaux, déplacer son corps pour faire des transferts de masse, tirer d’un bras et pousser sur l’autre, ralentir la cadence, changer de position, tout ça.
Je serai (vraiment) content de pouvoir installer si tout va bien, une fourche side-car avant l’automne, celle que j’ai commandée en mars n’ayant pas pu m’être livrée à temps.
On s’est posés pour la nuit au camping municipal de Mâcon. Très vert et bien tenu, lové dans le triangle improbable de la Saône et de l’échangeur des autoroutes A6 et A49. Beaucoup de camping cars ici et comme partout maintenant. C’est pourtant là que passe au bord de l’eau, très tranquillement, un vélo route fort champêtre, d’un côté un petit port de plaisance, de l’autre une zone industrielle avec un centre des expositions maousse costaud. Tout à la fois zone humide et zone urbaine, jusqu’au paradoxe.
La nuit, le grondement constant des deux autoroutes voisines et pourtant de l’aurore jusqu’au soir, le chant des oiseaux, nombreux, variés. Nous battre toujours pour les arbres, ce sont eux, bien avant nous, les gardiens de la vie sur cette terre.

Le lendemain matin, départ pour St Cergues, il nous reste à peine 200 km, la moto tracte bien dans le col du Cerdon. D’ici on voit les Alpes au loin devant, encore enneigées, et on laisse sur notre gauche l’extrémité ouest du Jura.
Contents d’arriver au village pour retrouver Sylvain et Lise qui nous accueillent chez eux à nouveau. L’après midi sera consacré à monter le barnum avec Sylvain chez notre mère car le lendemain nous fêterons avec elle ses 95 printemps !

Le soir, au coucher du soleil, on devine le jet d’eau de Genève au dessus du toit de la maison ! Nathalie nous a demandé ce que c’était que ce pylône blanc là bas au loin… Pfffff 🤭
Bonne route ! Mais pour aller où ?