Nous avons décidé de reprendre la route ce dimanche depuis St Cergues, notre bateau Venise – Igoumenitsa ne partant que mercredi, nous pourrons ainsi passer une journée complète à Venise et ne pas stresser d’horaires trop serrés.
Depuis Sallanches, on voit déjà le massif du Mt Blanc luisant de glace, impressionnant de blancheur en cette saison.

Il y a de plus aujourd’hui une qualité d’air, une transparence qui vous donne l’impression d’une grande proximité avec le massif, ses glaces, ses arrêtes, ses sommets.
Nous roulons sous le soleil et avons rejoint le tunnel en une heure, aucune attente à l’entrée… Du jamais vu !
De l’autre coté du tunnel, en Italie, on s’élance vers la plaine, glissant de tunnels en tunnels, beaucoup de travaux et de rétrécissements, puis c’est la platitude du Po, entre Ivrea et le lac d’Iseo, peu après Bergame et juste avant Brescia. Un trajet ponctué de pleins d’essence (il faut jauger les habitudes de la Triumph, on teste ses capacités…) et de café ristretto, dont la qualité reste constante avec les années.
Puis au niveau d’Iséo, cap sur son lac, à Clusane, où on se pose au bord de l’eau au camping le Betulle. Pas fâchés de quitter l’autoroute. Montage express de notre tente façon clic-clac, impeccable pour qui a la bougeotte ! Le niveau de l’eau est haut, vu l’état détrempé de l’herbe sur ses abords. Un petit bain pendant que le soleil est encore là puis une douche chaude sans le système à pièces de monnaies, ce qui est bien plus confortable pour le campeur, mais peut-être moins bon pour la planète ? 🤔

Après une assiette de lasagnes maison proposées par Andréa, on file sous la tente. On repartira le lendemain matin requinqués par un cappuccino grande taille et du pain frais miel.
Il nous restera alors un peu moins de 200 km pour rejoindre le camping Fusina sur la lagune de Venise. Il a par rapport au camping Rialto que nous avions l’habitude de fréquenter auparavant, l’avantage de se trouver à seulement un petit kilomètre et demi de l’embarquement pour le ferry vers Igoumenitsa et il est de plus beaucoup plus calme, offrant l’environnement verdoyant de la zone humide protégée de la lagune.
Les 200 km du lendemain sont avalés sans peine, mais avec une envie d’en finir vite et comme il y a beaucoup de camions (c’est lundi !), on passe notre temps à doubler. A ce jeu, la Triumph a du répondant et on peut s’extraire rapidement d’une voie l’autre. On arrive enfin à Fusina et posons notre campement sous des tilleuls majestueux. Demain nous irons à Venise !
Pour l’heure, un petit tour de notre environnement proche. Grues de levage elles aussi dans l’attente d’un bateau, ancres géantes passées au statut de sculptures…


Quelques mats de bateaux à voile, et au fond, les cheminées du complexe pétro-chimique de Marghera à quelques kilomètres de là, vapotent leur venin.

De ce côté ci, c’est le petit port de plaisance et les arbres abritant le camping.

Nathalie s’essaie au pas de la Grue cendrée, puis c’est la nuit.

Bateau bus du matin depuis le camping Fusina pour Venise, arrêt à l’académie ! Un petit pont et nous y sommes !

Ecco Venezia ! Tant de fois nous sommes venus ici, et toujours le même frisson, la même joie frétillante à l’intérieur. Ce doit être de l’amour 🔥❤️


Nous ne sommes pas à Pise, mais bien à Venise…

En doutiez vous ?
Dans cette ruelle, le soleil peine à fendre la ville, en éclairer le sol…

Dans cette rue, le sol, c’est l’Adriatique.

Là, du remblai tassé sur pilotis et couvert de pavés… Fallait-il sacrément y croire…
À chacun de nos passages ici, c’est la biennale d’art contemporain. Celle qui cette année a été fermée avant même d’ouvrir au public : la présence contestée du pavillon Israélien aura fait venir la police pour chasser les pacifistes criant au génocide devant le dit pavillon. En tout autre temps, tout le monde de l’art se serait jetté corps et biens dans cette cause, curateurs au premier chef… Bientôt on montrera au public le courage politique derrière une vitrine, avec la notice : « please, do not touch ».
Puis, ne me demandez pas où exactement, c’est une église, abritant le beau travail de l’artiste allemande Lore Bert dans une exposition (off) intitulée « Towards the light – a statement for hope against the wars in the world ».



Nos pas nous amènent à St Marc, coeur battant de la ville.


Ici au Palazzo Zorzi (off), une bien étrange installation sous dalles de verre… et sous nos pieds incrédules…


On voit ici, d’un point de vue du contrôle, comme le ferait un drone ou une caméra au plafond, les postures corporelles d’hommes et de femmes enfermé.e.s dans des pièces. Certaines à forte densité (personnes à peau noire) d’autres à faible densité (personnes à peau blanche). Allez savoir pourquoi.
Ici, c’est dans une autre église, que l’on découvre Elegy, de Gabrielle Goliath, un vibrant et chantant poème féministe vidéo chorégraphique.

