Mais oui, vous avez bien lu… Un château fort comme on en connaît quelques-uns en France. De « Clermont », pour enfoncer le clou tricolore sur la terre Grecque. Le nom Chlemoutsi serait une transcription grecque de Clermont. On est ici à une dizaine de kilomètres seulement de la côte, depuis notre camping l’Aginara. Le château domine une belle colline, et s’élève tout en haut du village de Kastro (château).

On s’acquitte des 5 euros d’entrée et on entre par cette double porte, au milieu desquelles devait se lever (ou pas) une herse ou grille.

L’endroit surprend par sa taille et sa conservation. Dans ce vaste pourtour entre les murailles extérieures et les murs d’enceinte du château lui-même se tenait un village. On en voit ici quelques ruines éparses, ainsi que ce qui semble être les restes d’un théâtre ?


Les créneaux et meurtrières ont conservé leur rectitude depuis la construction du château, de 1220 à 1223, sous Geoffrey Iᵉʳ de Villehardouin.


Quelques oliviers ont élu domicile dans cette enceinte protégée.

On entre dans le château par un porche conséquent. Un travail de restauration est visible à l’endroit des voûtes, et on peut même faire l’expérience de l’espace intérieur généreux en empruntant ces rampes de bois.

Le corps creux du château s’ouvre à différents endroits sur une vaste cour intérieure. Une succession de portes traversantes fait circuler la lumière.
De là, on peut emprunter l’escalier qui grimpe au niveau des plus hauts remparts et s’apercevoir d’un seul coup de la place stratégique du château…

Là-haut, on peut voir la mer Ionienne, le village de Kastro et la vaste plaine de l’Ilia, ancienne région d’Achaea (à ne pas confondre avec Achaea le jeu vidéo RPG), la plus au nord-est du Péloponèse. C’était là l’emprise de ce château jusqu’en 1432, sous Zacharia II Centurion. Le château aura vécu une succession de 23 souverains, Français, Vénitiens, Catalans, Ottomans, avec quelques allers des uns et retours des autres, par mariages, guerres ou ruses… Le château a été utilisé jusque pendant la révolution Grecque de 1821.

Quelques projectiles permettent de voir qu’on ne s’envoyait pas seulement des missives commerciales et diplomatiques.

On jouait aussi à des jeux diversement cérébraux.



