Fiskardo & Assos

Fiskardo

Fiskardo est ce petit port tout au nord de Kefalonia par lequel nous sommes entrés par ferry sur l’île il y a quelques jours. On laisse son véhicule à l’entrée du village et descend à pied jusqu’au petit port de plaisance où tout se passe.

De petites ruelles blanchies à la chaud déversent leur flux de touristes dont nous sommes, qui convergent pressés sur le quai qui sert aussi de rue principale. Là, on trouve des boutiques de fringues et chapeaux, produits solaires et soins de peau, accessoires de portables, locations diverses et d’accastillage car les bateaux, voiliers, vedettes ou yachts sont amarrés en nombre dans toute la baie et plus densément encore le long du quai. Les bars servent force Mojitos et autres cocktails et bien sûr les cafés frappés, directement à l’arrière des bateaux dont les pontons débouchent sur leurs terrasses.

Un tourisme nautique haut de gamme, à 28.000 euros le plein de l’un de ces Yachts, on relativise notre culpabilité d’avoir une moto au plein à 36 euros.

Nous ne sommes pas restés très longtemps dans ces parages et avons filé par le sentier menant au phare Vénitien. Il faisait si chaud que nous nous sommes baignés tout près de là, entre deux Yachts amarrés sur les rochers, un yacht sous pavillon de Malte et un autre sous pavillon non identifié (un autre paradis fiscal mais lequel ?). Un couple d’italiens y prenait leur bain à l’arrière de leur Yacht, un personnel de bord, dress code costume de marin sous 35 degrés, prenait les ordres auprès de ses maîtres barbotant dans les eaux cristallines pendant qu’une chanson italienne sucrée sortait de l’arrière du bateau, couvrant tout l’espace sonore alentours. La scène avait quelque chose de grotesque, de malaisant et d’attristant.

Je n’ai pas de photos à vous montrer, j’évite de laisser penser aux cons qu’ils sont importants.

On trouve aussi et fort heureusement dans ce petit port, de beaux bateaux à voile.

Et quelques beaux bateaux de pêche locaux.

Quelques Zodiacs pour vous emporter pour de courtes excursions dans les petites baies et plages alentours.

Tout près du phare Vénitien…

… Que l’on découvre ici, de taille modeste, dans un état de conservation remarquable.

Sa petite cour intérieure, son figuier de Barbarie.

L’île que nous voyons en face, c’est Ithaque.

Une fois revenus dans le village, nous retrouvons Dédé tout penaud, garé plus haut, prêt à rejoindre Assos à une vingtaine de kilomètres de là. Quand je l’ai démarré, j’ai senti qu’il faisait son possible pour paraître économe, un modèle de vertu, brave bête.

Assos

A une vingtaine de kilomètres de Fiskardo donc, on voit le village d’Assos depuis les hauteurs à flanc de montagne. La descente en lacets nous donne différents points de vue sur lui. Peu à peu prend forme l’image de ce petit havre lové au creux d’une baie superbe qui se referme presque sur elle même, accentuant un effet de cocon protecteur.

Le village d’Assos semble être resté dans ses habitudes insulaires Grecques d’antan. Lui aussi est trop petit pour laisser circuler les véhicules en son centre, il faut se garer à l’entrée sur l’un des nombreux parking prévus.

Assos a été presque entièrement détruit par le tremblement de terre de 1952. Il reste cependant beaucoup de maisons de cette époque, mais à bien y regarder, il ne reste que leurs façades, fenêtres et portes entrouvertes laissant deviner une végétation très dense, le toit s’étant effondré, réduisant à un amas de bois et de pierres les étages empilés au milieu de la maison. Beaucoup sont restées dans cet état figé d’après tremblement de terre. Des maisons neuves se sont peu à peu reconstruites entre les ruines. Cette cohabitation improbable donne une ambiance particulière à ce village plein de charme.

Il fait très chaud en ce début d’après midi, Nathalie voudrait nager, elle a repéré une grotte, et moi je voudrais grimper jusqu’à la citadelle Vénitienne en haut de la colline. On se retrouvera plus tard au centre du village.

Après 25 minutes de montée sous un cagnard de brute, la citadelle Vénitienne se dévoile enfin.

Elle offre depuis ses remparts plusieurs points de vue panoramiques. L’endroit est stratégique pour la République de Venise afin d’assoir son pouvoir dans cette région et contrer la présence Ottomane. Le projet est confié vers 1575 à Marino Gentillini, ingénieur Italien.

Pour le visiteur, en 2026, c’est une très belle vue offerte et la possibilité de goûter à une paix toute montagnarde.

Le mur de rempart de la citadelle semble avoir été doublé, à moins que cet espace entre deux ne soit celui des habitations ou de la garnison ?

D’ici on voit les allers et venues entrantes maritimes vers Assos.

D’ici c’est le côté tourné vers le large, vers le talon de la botte Italienne et la Sicile.

Il est temps de retourner à la fournaise, mais d’une part c’est maintenant en descente, et d’autre part, c’est les mains pleines du parfum de thym sauvage disputé aux abeilles noires tout à l’heure. Tout l’intérieur de la citadelle en est couvert.

Sur le chemin du retour.

Retrouvé Nathalie qui a nagé jusqu’à la grotte de l’autre côté de la baie.

L’une des maisons effondrées de l’intérieur, mais témoins vivantes de la mémoire des lieux.

Dernières maisons fantômes d’Assos, elles donnent le change de loin, mais livrent d’autres sensations près d’elles, la résilience ? la relativité de la mort ?

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