Ce matin là je me suis levé à 7h30, autant dire aux aurores pour notre routine quotidienne. Plusieurs jours déjà que je peaufinais un itinéraire à pied pour aller sur le site l’Acropole de l’ancienne Sami, là haut sur le colline. Nathalie préférant la natation, on a convenu de se retrouver au camping aux alentours de midi.
On trouve peu d’informations à Sami sur ce parcours (mais surtout, des infos contradictoires) pourtant signalé sur de nombreux sites web. C’est sur l’excellent « Organic Maps » pour Android que j’ai trouvé mon chemin. GPS gratuit, il utilise comme Maps Me les cartes en logiciel libre OpenStreetMaps mais avec un guidage hors réseau très précis, à pied, à vélo ou en moto.
Pas pensé à vous faire la photo du départ du sentier, imaginez un portique en bois avec sa petite toiture, mais tout pourri, fracassé, aux inscriptions illisibles, et tombé là cul par dessus tête sur le début du sentier, barrant le passage. J’ai un peu crains la suite, vu notre expérience des sentiers sur Lefkada, mais les vieux repères colorés blanc et bleu étaient encore visibles sur les arbres et les rochers.
Je suis parti pour une ballade en boucle de 3 heures ou plus, avec un oeuf cuit mollet, une orange et une gourde d’un demi litre d’eau. De bonnes chaussures et un chapeau.

Il fait déjà chaud à 8h00 mais ça reste très correct sous les arbres du maquis, beaucoup de chênes verts et de cyprès. Les arbres sont très verts, mais les arbustes et la végétation basse sont très sèches. Dans une fenêtre, on aperçoit Sami en dessous.

D’un peu plus haut c’est un ferry jaune et blanc de la compagnie Levante quittant le port.

Après quarante minutes environ à marcher en sous bois, on débouche sur un plateau, pas d’ombre ici, mais un troupeau de chèvres et boucs, assez farouches car ils s’enfuient rapidement. Je craignais d’y voir un chien de troupeau mais non, pas de canidé par ici, ni non plus de berger, les chèvres sont assez autonomes.

Le sentier débouche sur une route qu’il faut suivre deux ou trois cent mètres et reprendre le sentier qui mène jusqu’au site archéologique de l’ancienne Sami…

L’entrée, plein sud, est impressionnante ! Mais comment ont-ils donc déplacé et assemblé ces blocs de plusieurs tonnes !?

Et comme toujours en Grèce et en Turquie, les plus beaux restes ou traces archéologiques partagent le fait d’avoir été établis sur des sites naturels exceptionnels.

Vue Est. En hauteur, un champ de vision à (presque) 360 degrés tout autour de l’Acropole, dont il reste bien peu de choses, et d’autres qu’on devine en creux. Restes de tours de veille, de murailles, de maisons…

Vue Nord, une ancienne tour, des murs d’une épaisseur que plusieurs séismes ont tenté de mettre à bas, sans succès. Joué un moment de l’harmonica ici, à l’ombre du mur lézardé, pour moi, pour les pierres, les couleuvres, les abeilles et les chèvres.



Ce bloc tombé de la muraille est une master piece, mais on ne saura rien de la forme générale ni particulière de l’Acropole, le panneau d’informations près de l’entrée a jeté l’éponge depuis longtemps. Les priorités du gouvernement Grec ou de la ville de Sami ou de l’île de Kefalonia ne sont manifestement pas là.


Et puis cet énigmatique sticker collé sur le portant : « ACAB Aliston – create artistic behavior ».
Oui ! Of course ! Tout un programme !

La boucle sur mon plan prévoit de redescendre sur Antisamos mais nous y sommes déjà allés avec Nathalie et je sais que ce sera par la route, pour arriver sur une plage aux sunbed très prisée… je préfère poursuivre dans les hauteurs et le maquis jusqu’au petit monastère que j’ai aperçu depuis la tour.

Sur le chemin, puis la route du monastère, je vois les restes d’un château, figurant aussi sur la carte mais dont ici aucun panneau ne donne de contexte.

Il y avait assurément des maisons ici, et un château puisqu’il est indiqué par un panneau.

Le chemin est bordé de thym sauvage, au parfum puissant et revigorant. Des petites abeilles noires sont à la fête ! On a acheté l’autre jour un pot de 500 gr de miel de Thym à une apicultrice sur le bord de la route : Dieu que c’est bon sur le pain du matin !

Ces oliviers sont sans doute quelques fois centenaires !

Puis c’est le petit monastère.

Depuis trois heures trente que je suis parti du camping, je n’ai croisé personne, sauf une couleuvre et un troupeau de chèvres. Ici je déguste à l’ombre d’un vieil olivier, le calme, le filet d’air qui circule… Et la vue !



Ces trois cloches ont chacune leur timbre, leur caractère, la plus cristalline et joyeuse est curieusement la plus grosse, au centre. La plus profonde et grave est celle de gauche, et la plus fêlée est celle de droite. Un trio très attachant.
Il est temps de redescendre, nécessairement par l’étroite route, qui commence à être empruntée par les voitures qui vont à la plage d’Antisamos. Arrivé enfin au port, un bain rapide sur la micro plage près de l’embarquement des ferrys. Une eau de cristal, température idéale, comme partout jusqu’ici. Il est temps maintenant de rentrer au camping.

La belle statue dédiée à un pêcheur, je ne parviens pas à déchiffrer les écritures gravées sur le socle…

Et la petite Zundapp 50 au milieu des Glaïeuls, qui sert d’accroche visuelle de ce petit café au mobilier bleu ciel, un modèle qui semblait déjà vieillot quand j’avais… 14 ans ! Vieillot mais recherché pour la vivacité de son moteur.